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DEFAULT : Interview de la présidente nationale par le journal libération
19/3/2013 17:52:30 ( 4282 lectures )

JOURNAL LIBERATION le 17 janvier 2013
«La maternelle, c’est la création d'un patrimoine commun»
15 janvier 2013 à 16:57

 
Une école maternelle à Marseille en 2012.
(Photo Patrick Gherdoussi pour Libération.)
 
INTERVIEW Isabelle Racoffier, présidente de l'association des enseignants en maternelle, salue la volonté de développer l'accueil des moins de trois ans. En demandant plus de formation pour les enseignants.
Par SYLVAIN MOUILLARD
 
  
  
Isabelle Racoffier est présidente de l’Association générale des enseignants des écoles et classes maternelles publiques (Ageem). Elle-même en poste en moyenne section à Vouneuil-sous-Biard, près de Poitiers, elle accueille avec satisfaction la circulaire de Vincent Peillon sur la scolarisation en école maternelle. Celle-ci prévoit de relancer l’accueil des enfants de moins de trois ans en classe, notamment dans les zones défavorisées.
Pourquoi est-ce important d’accueillir des tout-petits à l'école maternelle ?
Cela permet à des enfants qui n’ont pas accès à des contenus culturels ou qui ne parlent pas notre langue d’y avoir accès. Différentes études le montrent : les enfants qui ont fréquenté l'école dès leurs deux ans ont un meilleur niveau de langage. Ils acquièrent également une meilleure dextérité manuelle. On se rend compte de l’importance de la scolarisation précoce quand on compare leurs résultats avec ceux d’enfants qui ne rentrent qu’en grande section [entre 4 et 5 ans, ndlr]. L'école maternelle permet également la mise en relation avec des livres, des jeux, qui ne sont pas forcément dans les familles. Pensez également à des activités comme la cuisine ou le jardinage... C’est tout un patrimoine commun qui se met en place.
Les moyens débloqués par le ministre de l’Education (3 000 créations de postes d’ici 2017) vous paraissent-ils suffisants ?
Cela permettrait de revenir à la situation d’il y a dix ans [35% des 2-3 ans allaient alors à l'école, contre 13% aujourd'hui, ndlr], en se focalisant sur les zones défavorisées, notamment rurales. Ces embauches sont importantes, mais je ne sais pas si elles suffiront pour limiter les effectifs. 30 enfants par classe, c’est beaucoup trop. Chez les tout-petits, il faudrait, dans l’idéal, se limiter à 15 ou 20 élèves.
Percevez-vous un changement de regard sur l'école maternelle ?
L'école maternelle n’a pas toujours été la mieux considérée ces dernières années, notamment en ce qui concerne la formation des professeurs. Paradoxalement, il faudrait que les enseignants qui pratiquent à ce niveau soient encore plus formés. Il leur faut capter leur auditoire, comprendre les besoins de l’enfant. Cela suppose un très haut niveau de connaissance psychologique et de pratique de la classe. C’est à cette époque que l’enfant est séparé de son milieu familial, c’est une transition qu’il faut bien gérer. Il s’agit d'être capable de comprendre les interactions rapidement. L’enseignant doit recevoir une formation pratique sur certains médiateurs comme la peinture, les contes, les marionnettes.
Il faut aussi faire venir les parents à l'école, et donc que les enseignants soient formés à partager le travail effectué avec leurs enfants. J’insiste enfin sur la nécessité de travailler sur les conditions matérielles d’accueil. Un jeune enfant a besoin d’espace, d'évoluer à l’extérieur. En petite section, par exemple, un espace de repos mais aussi de déambulation est indispensable. Il s’agit d’engager une grande réflexion avec les municipalités et l’Etat sur cette question.












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